Si un proche semble être capturé par une secte :
Restez à l'écoute. Gardez le contact

• Se renseigner surtout, pour éviter de dire n'importe quoi d'irrémédiable.
• Reconnaître qu'il est libre de son choix, poser des questions pour comprendre, montrer les contradictions sans les juger.
• Apprendre à déceler le vocabulaire spécifique pour mieux maintenir le dialogue.
• Lui témoigner que l'affection demeure intacte : se rappeler les souvenirs, ses centres d'intérêts vécus hors du groupe.
• Donner des nouvelles sur la vie des proches ou les événements du monde afin qu'il garde un point d'ancrage avec le réel.
• Prenez contact avec des personnes ayant des compétences dans ce domaine.
Savoir que ce n'est pas tant la doctrine de l'organisation qui importe, mais la manière dont l'adepte l'a intériorisée.

A éviter

• D'engager un débat sur le bien fondé des croyances et pratiques de la secte ! Cela a été prévu dans le contenu doctrinal

De ridiculiser le comportement, les attitudes et les manières de vivre des membres de la secte. La dérision n'est pas de mise dans cette situation.
• De comparer avec d'autres : le sentiment d'infériorité se trouve "prouvé" !
• De remettre de l'argent ou d'en envoyer : il vaut mieux offrir un cadeau personnel, difficile à monnayer !


Rendre le libre arbitre, c'est à dire redonner le choix intime que tout être possède, qui s'est trouvé dilué et disparu au profit d'une emprise et d'une manipulation en rupture avec tout ce qui construit l'être humain, c'est à dire :

la SOciété : ses manifestations démocratiques et citoyennes,
La
Famille, les amis, lieux affectifs de construction
L'
Individu et sa dignité de citoyen

La Sortie : exclusion ou apostasie*

Il existe des groupes où les exclus sont très importants.
Pourquoi alors cette crainte de sortir, de tout quitter ?
La menace de l'exclusion, pire qu'une simple menace physique demeure une pression psychologique très efficace.
"Ce n'est pas toi qui nous quittes, c'est nous qui te chassons"
L'ancien adepte, devenu un exclu, se vit comme un renégat involontaire, la secte s'étant hatée de l'excommunier !

L'adepte qui se réveille, parfois d'un long cauchemar, cherche à quitter cette pieuvre qui l'étouffe.
La peur, la honte et le sentiment d'infériorité l'empêchent de réclamer du secours à ceux qui l'aiment.

Il se vit comme un traitre à une parole donnée ; la secte va tout tenter pour le récupérer en jouant sur la culpabilité et la menace : la pression est parfois si forte que l'adepte retourne auprès de la secte,soulagé, mais pour combien de temps ?
(*Apostasie : abandon de la foi et de la vie chrétienne, par extension : renonciation aux vœux)

Nul ne peut dire que demain, dans un moment de faiblesse et quel que soit son quotient intellectuel, il ne glissera pas dans "l'ensectement" !

La relation d'aide
Les ex-adeptes retrouvent difficilement une vie "normale". Ils conservent un certain temps des automatismes de pensées et de comportements que l'entourage doit tenter d'accepter sans en cacher la perception.

Pendant leur période "d'ensectement", le cours de l'histoire s'est déroulé sans eux, il leur faudra se réinserrer dans une histoire qu'ils ne connaissent plus, il leur faudra aussi remplir ce vide, que ce soit dans les loisirs, les relations interpersonnelles, voire dans leur vie spirituelle...

Il leur faut dépasser leur culpabilité, injustifiée certes, pour se reconstruire et "positiver" une expérience, passage obligé et difficile qui réclame de l'énergie, de la volonté, à un moment où les ex-adeptes sont fatigués, déprimés...

Il ne faut pas hésiter à demander de l'aide,il faut sortir de cette retraite solitaire où la honte empêche toute guérison... Il est nécessaire de rencontrer soit des proches, soit des anciens adeptes, soit des aidants professionnels ou associatifs qui connaissent ce genre de problème particulier.
Aucune famille, aucun ami n'est parfait mais la chaleur de l'amour familial et de l'amitié doivent rester intacts et forts.
La famille et les amis constituent le seul havre de protection et de reconstruction, et aider à redonner :

Le droit de penser en dehors du groupe sectaire,
le pouvoir de dire : oui à la vie, non à la prison mentale
.