Vous êtes alerté par lattitude ou le discours de votre voisin, de votre patron, de votre frère
Vous relevez des propos, des situations qui vous semblent sapprocher dune dérive sectaire. Ne vous précipitez pas pour dénoncer ces faits dans nimporte quelles conditions.
Vous pourriez être poursuivi pour diffamation, injure ou dénonciation calomnieuse.
Nous aurons loccasion daborder ces deux dernières infractions ultérieurement, le propos de ce jour se bornera à donner quelques mots dexplication sur la diffamation.
La diffamation est une contravention (si elle nest pas publique) ou un délit (dans le cas contraire) réprimée par la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse. Cest « lallégation ou limputation dun fait précis qui porte atteinte à lhonneur ou à la considération de la personne ou du corps auquel il est imputé ».
Pour être constituée et donc punissable linfraction doit réunir trois éléments :
Lélément matériel ;
Lélément moral ;
Labsence de faits justificatifs ou dimmunités.
Lélément matériel
Cest lallégation (affirmation sur la foi dautrui, sur la rumeur publique) ou limputation (affirmation personnelle) dun fait précis de nature à porter atteinte à lhonneur ou à la considération. Que le fait doit être précis, signifie quil doit pouvoir faire lobjet dune preuve, dun débat contradictoire, pour en établir le ou le
Exemples de faits précis :
=> X a été condamné pour vol
=> X a commit des malversations.
Exemples de faits non précis :
=> X est un voleur
=> x est malhonnête.
Lallégation ou limputation doit être de nature à porter atteinte à lhonneur ou à la considération. Peu importe que le but soit réellement atteint et quil suscite un préjudice(« de nature »).
Exemples datteinte à lhonneur ou à la considération :
=> X a été condamné
=> X est repris de justice
=> X nest pas lauteur du livre quil a pourtant signé.
Bien entendu les tribunaux tiennent compte, dans lappréciation des faits, de lévolution des murs, des périodes électorales (on est plus tolérant), des droits de la critique.
Lallégation ou limputation doit concerner une personne désignée ou un corps déterminé.
Il nest pas nécessaire que la personne soit désignée nommément, il suffit que lon puisse la reconnaître.
Les personnes visées peuvent être de simples particuliers, des personnes chargées dune mission de service public, de personnes morales (association, syndicat
), de personnes publiques collectives (tribunaux
)
Il a été précisé quà défaut de publicité,le propos sera réprimé comme contravention de diffamation non publique.
La diffamation deviendra publique et sera donc réprimée comme un délit si elle résulte :
=> De discours, cris, menaces proférées dans des lieux ou des réunions publics. Il faut que les paroles puissent être entendues ou que lon ait voulu les faire entendre.
=> Décrits, imprimés, dessins, emblèmes, films etc.
vendus, distribués ou déposés dans des lieux ou réunions publics.
Concernant les lettres, missives et les tracts, il y a publicité si lécrit est adressé à des personnes ne formant pas un groupement de personnes liées par une communauté dintérêts.
Précisons ce que sont les lieux publics et les réunions publiques.
=> Lieux publics : il existe des lieux publics, par nature, comme la rue et des lieux publics, par destination, comme le café, le bureau de poste
Attention, un lieu privé peut devenir public (ex. conciergerie où nimporte qui peut entrer) mais il ny a pas publicité si pour être admis il faut avoir une certaine qualité (ex. restaurant dentreprise).
Réunions publiques : les critères sont le nombre des assistants, les conditions dadmission, la nature des relations existant entre les membres.
Lélément moral :
cest lintention de nuire
Attention, lintention est présumée. Cest donc la personne accusée de diffamation qui doit prouver sa bonne foi.
Labsence de faits justificatifs et dimmunités.
La diffamation nest pas punissable en cas de vérité des faits ou dimmunité.
Lexception de vérité (escceptio veritatis) est cependant exclue quand : limputation concerne la vie privée de la personne. Cette notion de vie privée nest pas facile à préciser. Concernant, par exemple, la vie privée : la moralité, lhonneur. Ne concerne pas la vie privée, par exemple, limputation porté contre un médecin au sujet de ses diagnostics et traitements
=> Les faits remontant à plus de 10 ans
=> Les faits constituant une infraction amnistiée ou prescrite.
Il peut donc y avoir diffamation même si le fait est exact.
Attention : la simple médisance est punissable.
Les immunités parlementaires (fondées sur le souci dassurer la libre expression de la volonté nationale) et judiciaires (fondées sur le respect des droits de la défense) font obstacle aux poursuites.
Ces quelques rapides explications ont pour but dattirer lattention de chacun sur labsolue nécessité duvrer dans la discrétion et la prudence.
Le fait dagir dans le cadre de notre association, qui sentoure de toutes les garanties, doit nous permettre de lutter utilement et en toute légalité contre les dérives sectaires et leurs méfaits.
=> La famille sera vidée de son rôle premier : un lieu de disponibilité émotionnelle et de protection pour lenfant. Si lenfant est élevé par lintermédiaire des parents, ceux-ci sont intégrés à une société avec ses valeurs. Dans le cadre sectaire, la rupture avec les idéaux de la société sera transmise aux enfants aussi. Dans le cadre de la socialisation de lenfant, la famille, le droit et les normes sociales constituent le surmoi. Dans la secte, ce surmoi sera constitué par les interdits du gourou et les préceptes de la secte.
=> la transmission des préceptes de la secte sera assurée par les parents dès le plus jeune âge pour ceux qui naissent dans une famille sectaire. Que les enfants soient déscolarisés, ou quils vivent en communauté fermée, ou quils fréquentent lécole publique, les sectes veillent à leur inculquer leurs enseignements par lintermédiaire des parents.
=> lintérêt et les besoins de la secte passent avant ceux de la famille et de lenfant. Les parents peuvent être déplacés pour les besoins de la secte ou séparés des enfants.