Octobre 2006

LES SECTES S’ENGOUFFRENT DANS LE SOUTIEN SCOLAIRE

Selon le président de la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes), 50 000 à 60 000 jeunes sont exposés au risque de dérive sectaire, par le biais d’activités scolaires ou parascolaires.  En décembre 2006, une commission présidée par le député UMP Georges Fenech rendra ses conclusions. Selon l’ADFI Lyon, il existe dans la région une trentaine d’écoles dont le caractère sectaire est attesté par des témoignages.
Les sectes aiment les enfants sans doute trop. « Aujourd’hui le phénomène sectaire s’est beaucoup dilué et les enfants ne sont à l’abri sur aucun point du territoire », explique Jean-Michel Roulet président de la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes).
En effet, les grandes enseignes multinationales du sectarisme religieux ont toujours pignon sur rue, mais dans les campagnes des gourous amateurs, apprentis sorciers font aussi florès. Ces épiceries du bricolage ésotérique cultivent leur emprise. Le phénomène prend une telle ampleur qu’une commission d’enquête parlementaire « relative à l’influence des mouvements à caractère sectaire et aux conséquences de leurs pratiques sur la santé physique et mentale des mineurs » ait été mise en place le 29 juin dernier. Présidée par Georges Fenech, député UMP du Rhône, cette commission, qui a déjà commencé ses auditions, rendra son rapport en décembre. « 50 000 à 60 000 jeunes sont exposés au risque de dérive sectaire. Quelques milliers, difficiles à évaluer, par le biais d’activités scolaires ou parascolaires.

Vide juridique pour le télé-enseignement par internet

En cette période de rentrée, à l’heure où l’angoisse de l’échec scolaire est à son comble chez les parents, le chiffre peut faire réfléchir. « Dans une logique purement marketing les grandes organisations de type sectaire investissent dans des filiales de soutien aux devoirs. L’accompagnement scolaire dans les cités se fait aussi sur le lit d’un communautarisme exacerbé », témoigne Catherine Picard présidente de l’Union nationale des associations de défense des familles et de l’individu. Les enseignements sous contrat et hors contrat sont en principe contrôlés et doivent être conformes au programme établi par l’Éducation Nationale pour « former l’esprit critique et faire des enfants de futurs citoyens ». « Mais il existe actuellement un vide juridique pour le télé-enseignement par internet, dont les bases arrières sont souvent situées ailleurs qu’en France.
C’est l’un des points que va creuser la commission parlementaire mise en place », explique le président de la Miviludes. Une grande partie de ces organismes scolaires ou parascolaires appartient à la mouvance évangéliste protestante. « Il en est même qui proposent des cours d’anglais gratuit. Certaines se placent sur le terrain de l’éveil musical et l’intégration dans des chorales », témoigne Catherine Picard présidente de l’Unadfi. L’Église de scientologie, qui compte quelque 2 000 adeptes en France n’a pas craint d’ouvrir en juillet dernier deux centres de soutien scolaire à Paris. La mairie a répliqué par une cellule de vigilance spécifique. « En France, comme en Belgique, il existe un unanimisme, face à la pensée totalisante sectaire » constate Jean-Michel Roulet.