Décembre 2006
KRISHNAMURTI : l’homme
qui n’a pas voulu être un gourou…
Jiddu Krishnamurti, sage et penseur inclassable,
est né en Inde, dans une famille de brahmanes de dix enfants.
Son père faisant partie de la Société Théosophique,
Jiddu est remarqué à l'âge de 14 ans par le
théosophe Charles W. Leadbeater. La Société Théosophique
voit alors en lui une incarnation de "l'Instructeur Mondial",
le Seigneur Maitraya, ainsi que l'avait annoncé Helena
Blavatsky en 1889. Annie Besant, présidente de la section
européenne de la Société Théosophique,
prend alors en main son éducation, en Inde, à Londres
et même à Paris et l'installe à la tête
de l'Ordre International de l'Etoile d'Orient à l'âge
de 16 ans.
Jiddu Krishnamurti devient vite un penseur de grande envergure, ne relevant d'aucune
religion ou doctrine philosophique. Il ne croit pas à l'existence des "Maîtres",
et déteste être l'élu que les théosophes veulent faire
de lui. Il récuse donc avec fermeté son rôle messianique
et annonce en 1929, devant un auditoire de 3000 personnes, la dissolution de
l'Ordre de l'Etoile d'Orient, provoquant une grande confusion dans le mouvement
théosophique.
Pour Krishnamurti, la vérité ne passe par aucune organisation,
religion, secte ou philosophie. Toute sa vie durant, il rejette le rôle
de gourou qu'on veut lui faire jouer. Il crée plusieurs écoles à travers
le monde et attire un nombreux public lors de ses conférences ou "causeries" dans
le monde entier. Il refuse cependant toute autorité ou disciples. Son
enseignement consiste à vouloir rendre les hommes complètement
libres.
L'une de ses convictions de base est que les transformations de la société ne
peuvent s'accomplir sans une transformation de la conscience de chaque individu. "La
vérité est en nous", même si, pour la rechercher "une
collaboration amicale sans aucune autorité est préconisée".
Pour Jiddu Krishnamurti, l'important est donc la connaissance de soi, libérée
des contraintes et des limites de la religion et du nationalisme. L'homme a créé les
représentations religieuses pour satisfaire un besoin de sécurité.
Il prône la mise en doute de toute parole émanant d'une autorité,
quelle qu'elle soit.
"Citoyen du monde", il voyage beaucoup pour enseigner sa pensée,
aux Etats-Unis, où il réside et meurt. Les textes de ses conférences
ont été rassemblés dans une soixantaine de volumes.
Bibliographie : La première
et dernière liberté (1964), De l'éducation
(1965/1970), De la connaissance de soi (1967), Se libérer
du connu (1970), La révolution du silence (1970).
Citations de Krishnamurti :
"La Vérité est un pays sans chemins, que l'on
ne peut atteindre par aucune route, quelle qu'elle soit: aucune
religion, aucune secte. Tel est mon point de vue: et je le maintiens
d'une façon absolue et inconditionnelle. La Vérité, étant
illimitée, inconditionnée, inapprochable par quelque
sentier que ce soit, ne peut pas être organisée. On
ne devrait donc pas créer d'organisations qui incitent les
hommes à suivre un chemin particulier. Si vous comprenez
bien cela dès le début, vous verrez à quel
point il est impossible d'organiser une croyance. Une croyance est
une question purement individuelle, et vous ne pouvez ni ne devez
l'organiser. Si on le fait, elle devient une religion, une secte,
une chose cristallisée, morte, que l'on impose à d'autres.
C'est ce que tout le monde essaie de faire. La Vérité est
ainsi rétrécie et transformée en un jouet pour
ceux qui sont faibles, pour ceux dont le mécontentement n'est
que momentané."
(Jiddu Krishnamurti / 1895-1986 / 1929)
"L'acceptation d'une croyance n'est-elle pas un couvercle mis sur cette
peur, sur cette peur de n'être rien du tout, d'être vide ? Et pourtant
un récipient n'est utilisable que lorsqu'il est vide et un esprit qui
est rempli de croyances, de dogmes, d'affirmations, de citations est en vérité un
esprit stérile, une machine à répétition."
(Jiddu Krishnamurti / 1895-1986 / La première et la dernière liberté /
1964)
Voir le site : http://atheisme.free.fr