Septembre 2008
Les Psychothérapies : Généralités
- Les diverses professions du secteur "psy "
Afin d’y voir un peu plus clair, quelques définitions
nous semblent nécessaires :
Psychiatre :
Titulaire du Doctorat de Médecine
et rattaché à l’ordre
des médecins, le psychiatre
est spécialisé dans
le traitement des maladies mentales
et des troubles pathologiques de
la vie psychique. Il est habilité à prescrire
des traitements chimio-thérapeutiques.
Psychologue :
Le titre de psychologue, reconnu
depuis le Loi du 25 juillet 1985,
est réservé aux seuls
titulaires d’un diplôme
universitaire de 3ème cycle
(DESS de psychologie). Nombre d’entre
eux ont une activité essentiellement
orientée vers la psychologie
clinique. Ils effectuent des bilans
psychologiques, entretiens d’évaluation,
d’orientation et de soutien
psychologique, thérapies ...
Leur champ d’intervention s’étend
aussi au monde du travail et de l’entreprise :
organisation, recrutement, bilan
de compétences, formation...
Seuls ces deux titres sont réglementés
et, par conséquent, garant
d’une certaine compétence. Psychothérapeute :
Il s’agit d’une fonction
et non d’un titre. Les psychothérapies
peuvent être pratiquées
par des psychiatres et des psychologues
ainsi que par des personnes formées à des
techniques dans des écoles
plus ou moins sérieuses.
Psychanalyste :
il s’agit d’une fonction
et non d’un statut. Les psychanalystes
ont effectué eux-mêmes
une psychanalyse et sont inscrits
auprès d’une institution
ou d’une école qui supervise
leur pratique. La psychanalyse découverte
par Sigmund Freud apparaît à la
fois comme une théorie du
fonctionnement psychologique et comme
une technique thérapeutique.
Son objectif est la prise de conscience
des processus psychologiques inconscients.
Elle s’intéresse à l’histoire
du sujet et, plus encore, au " comment " celui-ci
a vécu son histoire.
N’importe qui peut
s’intituler psychothérapeute
ou psychanalyste.
Selon nous les psychothérapeutes
et psychanalystes recommandables
doivent avoir suivi une formation
reconnue.
- Qu’est ce que la psychothérapie ?
Les psychothérapies regroupent toutes les méthodes
de traitement des difficultés et troubles psychologiques,
voire des désordres somatiques, utilisant des moyens psychologiques
et, d’une manière plus précise, la relation
du thérapeute et du patient. Ainsi, la personnalité du
thérapeute compte autant que la technique retenue.
Elles trouvent leur fondement dans
différentes théories du fonctionnement psychologique.
Les différents courants sont la psychanalyse, le cognitivisme,
le comportementalisme et l’humanisme. Elles peuvent être
individuelle, de couple, de groupe, de famille, institutionnelle
et mettre en oeuvre des procédés verbaux et/ou non
verbaux.
- Les psychothérapies dites brèves
Selon J-C Benoît, psychiatre, elles constituent un ensemble
hétérogène de méthodes psychothérapeutiques
auxquelles peuvent être appliquées les notions de
durée définie, de but thérapeutique désigné et
de contrat précis. Le rôle actif du thérapeute
donne une place de premier plan à des qualités praticiennes
telles que l’empathie, la capacité diagnostique immédiate,
la précision et l’opportunisme thérapeutique.
Ces thérapies sont orientées directement vers le
traitement des symptômes : un objectif précis
et limité est visé.
Depuis les années 70 les approches psychothérapeutiques
se sont multipliées. Beaucoup d’entre elles viennent
des Etats-Unis. Il s’agit d’un ensemble de méthodes
orientées vers le mieux-être mais qui ne sont pas
toutes du même ordre. Elles font presque toutes une place
importante à l’approche corporelle et mettent l’accent
sur l’expression émotionnelle et la communication
non verbale ; elles s’intéressent plus au comportement, à la
mise en actes qu’au discours. Elles sont orientées
vers "l’ici et maintenant", la façon dont
la personne s’exprime, agit et entre en relation dans le
présent, plus que vers l’évocation du passé et
la reconstitution de l’histoire du sujet.
Les nouvelles thérapies ne remplacent pas les anciennes ;
elles apportent des possibilités diversifiées de
réponse aux différentes demandes qui peuvent se
manifester dans le champ psychothérapique.
- Comment s’engager dans une thérapie ?
S’informer sur la formation du thérapeute, sa réputation,
son expérience professionnelle.
Se faire préciser les données du contrat qui vous
liera au thérapeute : cadre thérapeutique,
durée, fréquence des séances, prix, engagement
concernant les vacances et les absences éventuelles.
Le coût des séances ne peut faire l’objet d’une
prise en charge par la sécurité sociale et les mutuelles
que si le psychothérapeute est médecin ou psychiatre.
- Psychothérapies et Sectes
Il ne s’agit pas de dénoncer la psychothérapie
comme étant un outil dangereux mais nous ne pouvons pas
nier que son utilisation peut être source de multiples dérives :
escroquerie, mise sous dépendance, exploitation, profits,
sectarisme... En effet, les groupes sectaires n’hésitent
pas à faire des emprunts aux techniques psychothérapeutiques.
Non contrôlée, accessible à tous puisque,
selon certains, chacun de nous en un rien de temps peut devenir
psychothérapeute grâce à des formations payantes
proposées par n’importe qui, la psychothérapie
est un outil très intéressant pour les sectes et
futurs maîtres à penser. Détournées
de leur finalité par certains, toutes les techniques de
psychothérapie peuvent être utilisées à des
fins de mise sous dépendance. Ainsi, seront utilisés,
P.N.L, analyse transactionnelle, rebirth, hypnose, sophrologie,
et bien d’autres encore, dans le but de déstabiliser
les individus par un travail de remise en question de leurs représentations
du monde extérieur et du monde interne, par l’acquisition
de nouvelles connaissances et d’un nouveau langage, par
la fabrication de certitudes et, enfin, de modeler la personnalité grâce à une
relation privilégiée établie entre le thérapeute
et le patient où la neutralité bienveillante et
l’analyse du contre-transfert n’existent pas.
Instrument de transformation, la psychothérapie peut être
exploitée comme un véritable instrument d’aliénation.
En voici quelques exemples. Le rapport
parlementaire sur les sectes en France (1995) regroupe un certain
nombre de sectes sous la dénomination de mouvements "psychanalytiques".
Dans cette classification l’on y trouve La faculté de
Parapsychologie, la Famille de Nazareth
et l’Eglise de Scientologie,
diverses organisations "prétendant guérir l’inconscient
de traumatismes divers" (p. 54). D’autres associations
ou organisations utilisent la psychothérapie, sous toutes
ses formes diverses, afin de recruter
des adeptes : les mouvements
guérisseurs sont nombreux à exploiter ce créneau.
D’autres encore ont des pratiques thérapeutiques
qui, selon les témoignages, ne seraient pas s’en
rappeler les techniques de manipulations
mentales. En effet, grâce à certaines
pratiques qui feraient revenir du fond
de la mémoire des
souvenirs traumatisants totalement
oubliés (viols, inceste,
maltraitances ...), cause des troubles
présents, des enfants
se retournent contre leurs parents
sur la base de ces souvenirs retrouvés. Ainsi, ces psychothérapeutes,
formateurs, spécialistes de la maltraitance occasionnent
des ruptures familiales et fidélisent leur clientèle.
De nombreuses plaintes et témoignages ont été déposées
contre ces thérapeutes par des familles qui se plaignent
de l’utilisation systématique de la référence à l’inceste
comme explication des désarrois et des conflits. Depuis
une dizaine d’années, l’Amérique du
Nord connaît bien ces dérives sous l’appellation
du syndrome des faux souvenirs.
Aussi,
par le biais de la psychothérapie, des thérapeutes
appartenant à une secte peuvent recruter des personnes
susceptibles d’intéresser le groupe.
Pour résumer, nous constatons plusieurs possibilités
de dérive sectaire liée à la psychothérapie :
un groupe qui propose une technique thérapeutique ; un thérapeute
qui pratique la psychothérapie à des fins de manipulation mentale ;
un thérapeute-adepte qui profite de son pouvoir de thérapeute
pour l’influencer à adhérer à un groupe.