Décembre 2008

LES  STRATEGIES  D’INFLUENCE  ET  DE  PENETRATION  ECONOMIQUES ET INSTITUTIONNELLES

1999 : rapport parlementaire « les sectes et l’argent » a mis l’accent sur l’influence économique  et la stratégie des mouvements sectaires depuis le début des années 1990 et sur leur domaine de prédilection la formation, l’informatique, le développement personnel, le domaine pharmaceutique et Médical  et la distribution (commerce de produits agricoles bio par exemple).
L’enrichissement étant un des principal objectif des sectes (avec le pouvoir) ils se sont efforcé d’infiltrer les entreprises car ils peuvent en attendre trois avantages :
* attirer les fonds au premier rang des quels la formation dont le financement est très important et peu contrôlé
* retirer une certaine notoriété
*développer leur prosélytisme
Les domaines de la formation professionnelle  et de l’informatique son particulièrement à risques car ils permettent une pénétration de l’entreprise ou des administration.
Les risques sont de plusieurs ordres :
* approcher un  salarié ayant un poste stratégique, le séduire, le faire adhérer au mouvement qui représentera le mouvement sur son lieu de travail et facilitera à son tour l’entrée d’autres sociétés faux nez
* par le biais de services formation obtenir des données confidentielles en approchant les salariés qui n’adhéreront pas au mouvement mais qui sans intentions malignes fourniront des informations essentielles
* par le biais de services type informatique la pénétration du cœur des données d’une entreprise ou d’une administration

Mais la capacité d’influence des mouvements sectaires passe aussi par la mise en place de stratégies exploitant tous les moyens à leur disposition, en plus du prosélytisme traditionnel, pour diffuser et mettre en valeur leur message tout en décrédibilisant ceux qui les combattent. Médiatique, judiciaire, institutionnel : tout espace sujet à visibilité et communication est instrumentalisé.

En septembre 2007 un représentant de la FECRIS (Fédération européenne des centres de recherche et d’information sur le sectarisme), présente pour la première fois à Varsovie. Il dénonçait alors publiquement l’instrumentalisation de cette réunion de Varsovie par des ONG sectaires dont les victimes et leurs familles sont celles  représentées par des associations nationales regroupées au sein de la FECRIS, parmi lesquelles,  en  France, l’UNADFI(1) et le CCMM(2).

Ce représentant déclarait
«  J évoque ici ces groupes dont le comportement constitue un véritable défi aux droits de l’homme dès lors qu’ils se réfugient derrière un droit – la liberté de religion – pour mieux en bafouer d’autres.(…) Ces groupes ont très vite compris qu’ils devaient instrumentaliser les institutions, se plaçant sans la moindre honte sur le même niveau que ceux qui légitimement viennent demander votre soutien et dont nous reconnaissons la souffrance (…)Nous vous demandons de ne pas vous laisser abuser par le double langage de ceux qui viennent ici avec pour seul but de figurer dans les actes de vos travaux (…) Ne nous trompons pas, ne vous trompez pas de victimes. (…) » 
 Tout est dit dans cette déclaration du porte-parole de la FECRIS sur la stratégie de ces groupes : immuable  depuis des années, toujours portée par les mêmes «  acteurs ». Ces alliés de circonstance se mobilisent autour d’une cause commune incontestable, la liberté de religion, pour mieux combattre ceux qui préviennent et dénoncent leurs turpitudes.
Un des critères de dangerosité des mouvements sectaires est l’infiltration des milieux économiques et institutionnels.
Il convient de passer en revue ses différentes formes.

 

I – L’ENTRISME ECONOMIQUE

Deux exemples dans le domaine économique axés sur la communication visent à la fois à vous montrer l’avancée insidieuse des mouvements qui souhaitent pénétrer les lieux stratégiques de décision ou de communication pour être notamment au plus près du pouvoir et de l’information individuelle. Mais ils éclairent également le rôle concret de notre mission.

Le cas de la protection des données :

Les mouvements transnationaux ont un appétit pour les données informatiques sur les personnes et les sociétés.
Or en France la CNIL protège les individus de toute utilisation frauduleuse de ces données informatiques
Loi juillet 2004 a créé des correspondants CNIL dans les entreprises : + 50 salariés = au sein de l’entreprise, - 50 en dehors de l’entreprise en principe rattaché au niveau des traitements
La MIVILUDES a pensé utile de mettre en place un suivi de la mise en œuvre d’un des aspect de cette loi en ce qu’il mettait en place une nouvelle fonction au sein ou hors de l’entreprise et qu’ainsi deux entrées étaient possibles : par le biais des formations des correspondants dans l’entreprise et par celui de la fourniture « d’un service » correspondant CNIL pour les entreprises de – de 50 salariés.
Concrètement on s’est demandé immédiatement à la sortie de cette loi dont l’objectif est de renforcer les libertés individuelles quel risque cette future fonction allait  induire pour les individus et la structure.
La question était : « qui se place sur ce nouveau créneau «  afin de mieux détecter les risques de dérive émergeant : cabinet d’avocat, société informatique, organisme de gestion de données…
L’examen des noms des membres des organismes intéressés s’est révélé une vigilance utile en décembre 2005 ;
Nous sommes informés d’une conférence à l’hôtel WARWICK de PARIS sur le thème « faut-il créer la fonction de correspondant CNIL « 
Qui organise ? Une société connue de la MIVILUDES car la consultation de site d’accès ouvert comme Euridil et Info greffe établissent que les dirigeants de cette société sont comme très engagés dans le développement d’activité de prestation de services utilisables par le privé et l’administration et appartenant à un mouvement à forte caractérisation sectaire.

Des représentants de haut niveau de la CNIL, d’un grand groupe d’armement et d’assurance devaient intervenir.
Le colloque a bien eu lieu mais avec la défection de la CNIL et du groupe d’armement.

Décision du CSA en assemblée plénière du 4 avril 2006

En début d’année 2006 la mission est informée de ce qu’un clip vidéo d’human right  « don’t discriminate » est diffusé sur une chaîne privée de NANTES ;
 Une vérification nous permet de constater l’envoi massif et systématisé à de nombreux médias d’un courrier de » l’association internationale des jeunes pour les droits de l’homme » accompagné d’un clip de 30 secondes en anglais et sous-titré en 15 langues dont le français.
Or cette association est proche d’un mouvement sectaire transnational qui profite des dates consacrées à une cause humanitaire pour tenter de faire diffuser gratuitement sa propagande sur les ondes télévisuelles.
Le 22 février 2006 la MIVILUDES informait le CSA de cette situation.
Le 4 avril 2006 l’assemblée plénière du CSA décidait d’informer l’ensemble des services de télévision sur ces liens.
En effet chaque chaîne de TV est libre de diffuser ces clips mais il faut que ce soit en connaissance de cause ; il faut afficher la couleur et non la dissimuler sous un timbre humanitaire en direction de la jeunesse  qui revoit ensuite sur le mouvement. Le choix des chaînes doit être éclairé. 
C’est principalement les mouvements transnationaux et leurs nombreuses filiales qui ont investi le monde des affaires et de la communication.
Plus récemment, courant 2007, il convient de se rappeler la manipulation par un mouvement sectaire transnational, d’une chaîne de la TNT réservée aux jeunes et des salles parisiennes d’un groupe de cinémas au moment de la journée de l’enfance.

II – L’ENTRISME DANS L’HUMANITAIRE

Les sectes s’invitent régulièrement au chevet des victimes de catastrophes planétaires.
La solidarité est l’affaire de tous et nul ne saurait bien évidemment contester à des organisations le droit d’aider leur prochain, mais profiter du désarroi de populations en état de faiblesse et de vulnérabilité pour imposer une vision du monde constitue une hypocrisie inacceptable et immorale.
Dans son rapport 2001, la Mission interministérielle de lutte contre les sectes (MILS), après les attentats terroristes ayant frappé le World Trade Center et l’explosion de l’usine AZF de Toulouse, évoquait déjà « les sectes [qui] n’hésitent pas à profiter des malheurs du monde pour tenter d’imposer leurs solutions miracles et entraîner des individus fragilisés dans un mécanisme d’embrigadement ». Le phénomène n’est donc pas nouveau, mais à l’heure où dans le monde entier se multiplient les besoins consécutifs à des catastrophes naturelles ou à des conflits, une vigilance accrue s’impose.
En France, même si les cas recensés ne sont pas légion, la MIVILUDES, en charge d’une mission de prévention et d’incitation à la vigilance, estime indispensable de rappeler l’existence d’un risque sectaire potentiel dans ce domaine. En effet, la présence dans les banlieues françaises, après les désordres de l’automne 2005, de certaines organisations sectaires, revendiquant haut et fort les mérites de leur action humanitaire en faveur des populations en difficulté.
Le désintéressement, le respect de la dignité humaine et des libertés individuelles, valeurs fondatrices de la démarche humanitaire, sont régulièrement bafoués par quelques organisations sans scrupules dont il n’est pas inutile d’examiner les motivations.
Dans la réalité, il s’agit d’une aide intéressée :
Recherche de respectabilité :
Militer pour la paix mondiale ou en faveur des droits de l’homme, lutter contre les méfaits de la drogue, oeuvrer sur le terrain de l’action humanitaire : voilà des engagements suscitant le respect et conférant une notoriété certaine à ceux qui les pratiquent. Les sectes l’ont bien compris et si elles investissent aujourd’hui massivement ces domaines, soit à visage découvert soit par le biais de diverses officines, c’est uniquement parce qu’elles en attendent des retombées positives en termes de recrutement ou d’image.
Recrutement de nouveaux adeptes
La phase de séduction passe dans ce cas par l’aide matérielle et psychologique. Les sinistrés sont vulnérables, souvent en état de détresse extrême et donc réceptifs à toute attention particulière à leur égard. L’assistance médicale ou psychologique devient un vecteur de prosélytisme.
Perspective d’un pactole financier
La recherche du profit restant le moteur principal de ces organisations, leur intervention « humanitaire », après leur avoir conféré un vernis de respectabilité, va devoir être rentabilisée. C’est pourquoi elles tenteront souvent de monnayer leur nouvelle image en appelant à la générosité du public, voire en sollicitant des subventions publiques.

III – L’ENTRISME MEDIATIQUE

Il prend plusieurs formes :
De l’utilisation du droit de réponse dans la presse
La pratique sectaire repose sur une adaptation permanente de la réalité aux impératifs du gourou ou de l’organisation. Le travestissement des faits constitue donc la seconde nature des mouvements sectaires. Leurs relations avec les médias, dont la raison d’être (l’information du public) et la déontologie (une information objective et recoupée) impliquent qu’ils soient toujours en quête de la vérité, ne peuvent revêtir qu’un caractère difficile, voire conflictuel.
Les mouvements ont recours de plus en plus systématique au droit de réponse. « Le droit de réponse du [nom du mouvement] lui permet de trouver ici, bien malgré nous, une tribune … », notait le journaliste d’un grand hebdomadaire, commentant ainsi le texte publié par le mouvement qu’il avait critiqué dans un dossier « spécial sectes ». Certains mouvements usent effectivement de ce droit comme d’une véritable tribune pour exposer largement leur philosophie ou leur doctrine, leurs propos dépassant alors le strict cadre juridique requis de la réponse à l’article ou au commentaire incriminés.
 - Cela étant, nombreux sont les responsables de services juridiques qui, refusant de céder aux menaces, récusent systématiquement le droit de réponse demandé, prenant délibérément le risque d’aller devant les tribunaux. Cette attitude est guidée d’une part, par la conscience de défendre le droit à l’information dont il est bien évident que des mouvements aux doctrines totalisantes ne se soucient nullement, et d’autre part, par une appréciation du risque de procédure qui n’apparaît pas toujours comme établi, dans la mesure où nombreuses sont les demandes qui ne respectent pas les conditions juridiques requises pour être validées par les tribunaux.


La manipulation médiatique
L’annonce spectaculaire de la naissance d’un bébé cloné à la veille de Noël 2002, la présence insistante,et bien visible des adeptes devant les caméras de CNN et des télévisions du monde entier, de quelques sur les sites ravagés par le tsunami en 2005, constituent quelques exemples, parmi d’autres et notamment ceux rapportés dans les développements ci-après, de l’aptitude des mouvements sectaires et de leurs amis à exploiter à leur profit, voire à instrumentaliser les médias pourtant généralement peu complaisants à leur égard.
Quand les mouvements sectaires s’invite au « Courrier des Lecteurs »
            En mai 2004, La Vie révélait une pratique habituelle du mouvement qui consiste à utiliser la rubrique du « Courrier des Lecteurs » des grands journaux, hebdos ou quotidiens, pour diffuser insidieusement ses idées. Le magazine avait alors reçu, par erreur, un courriel interne adressé par le responsable d’une filiale d’un mouvement sectaire à certains de ses membres. Celui-ci se plaignait de la chute du nombre des publications dans les médias et dressait un « hit parade » des bons et des mauvais élèves en fonction du nombre des lettres publiées, se glorifiant au passage comme étant l’élève le plus performant. Il rappelait combien ces courriers étaient importants.
            Dans le même temps, dans une publication interne ce même responsable annonçait qu’en 2003, sur 6.783 lettres adressées aux médias, soixante-trois avaient été publiées « dans des journaux de toutes couleurs politiques allant de l’Humanité au Figaro ». Plus loin, on pouvait lire que leur nombre avait été « multiplié par 4,5 » par rapport à l’année précédente et que « l’année 2004 (s’annonçait) encore plus grandiose ».
            La MIVILUDES a vérifié qu’en la situation était en accroissement 2006 dans la presse nationale.
Les sujets de prédilection du mouvement, peuvent être regroupés sous les thématiques suivantes (par ordre décroissant selon leur fréquence) :
. Condamnation des psychiatres et des psychologues,
. Méfaits des psychotropes et de la drogue,
. Réhabilitation des prisonniers, condition pénitentiaire,
. Droits de l’homme (liberté de religion, liberté de la presse, droits du justiciable…),
. Sujets divers : laïcité, accès aux documents administratifs, critique des hommes politiques, etc.
            Les fléaux dénoncés dans ces courriers sont nobles en soi et nul ne saurait s’élever contre l’honorabilité des causes soutenues : la lutte contre la drogue, la santé des enfants, les conditions de vie en prison, etc. Mais ils ne sont qu’un prétexte pour mieux leur opposer à terme les remèdes discutables et les méthodes lucratives de la secte.
            Quand les mouvements s’invitent à la rubrique des « Petites Annonces »
« Vous aimez aider les autres. Rejoignez notre équipe, formation assurée », tel est le texte de l’annonce, suivi d’un seul prénom et d’un numéro de téléphone, publié le 12 janvier 2006 dans le journal gratuit « Paru Vendu ». Sur le site internet du journal, le même texte est assorti d’une promesse de CDI (contrat à durée indéterminée). Altruisme requis, formation à la clef et emploi assuré : trois bonnes raisons pour un demandeur d’emploi de répondre à une telle proposition, quand bien même l’identité de l’annonceur n’est pas déclinée.
            Il fut cependant aisé d’établir que le téléphone était celui d’un mouvement sectaire transnational qui proposait, en fait, aux personnes intéressées, de distribuer, à titre bénévole, des brochures de l’organisation dans la capitale et en banlieue.
            L’association trouvait ainsi le moyen d’attirer dans ses locaux des personnes sans travail, donc particulièrement vulnérables, pour ensuite les convaincre de rejoindre son personnel bénévole à qui elle a coutume de confier des actions de prosélytisme ou des tâches administratives.

IV – L’ENTRISME AU PLAN PARLEMENTAIRE

La mise en place et les travaux d’une nouvelle Commission d’enquête parlementaire en juin 2006 ont provoqué, comme c’était prévisible, la mobilisation du lobby pro sectaire.
Les mouvements sectaires remettent en cause systématiquement la légitimité des initiatives - quelle que soit leur origine, gouvernementale, parlementaire ou associative - destinées à dénoncer leurs excès ou à lutter contre leurs dérives. À cet effet, leur stratégie ne fait pas preuve d’une grande originalité. Qu’il s’agisse de la nature de leurs critiques et la méthodologie employée (1°), ou du profil des lobbyistes « donneurs d’ordre » (2°), les caractéristiques restent, peu ou prou, toujours les mêmes au fil du temps.
a - L’atteinte à la liberté religieuse
Dès lors qu’ils flairent le risque d’être mis en cause et lorsqu’ils sont effectivement attaqués, les mouvements à caractère sectaire aiment à porter le débat sur le terrain des atteintes à la liberté de conscience pour mieux se présenter comme des nouveaux mouvements religieux, ou comme des minorités, spirituelles, de croyance ou de conviction, victimes d’une discrimination. Ils procèdent alors aux pires amalgames :
b - Le déni de tout sectarisme

Selon le lobby pro sectaire, tous les travaux menés sur le sectarisme, reposeraient sur des rumeurs et des approximations.
Certains s’indignent du « gaspillage de l’argent du contribuable » et demande que cessent ces « commissions d’enquête bidon qui ne s’appuient sur aucun fait, seulement sur des rumeurs ». D’autres parlent de « phobie collective » ou dénoncent une politique qui fait croire « dans l’opinion publique à l’existence d’un fléau social qu’il conviendrait de traiter en priorité «. D’autres enfin contestent les chiffres concernant les mineurs en danger avancés par les parlementaires, les associations et la MIVILUDES, et pour minimiser le phénomène en expliquant que les vrais problèmes sont ailleurs, espérant au passage détourner l’attention .
c - La dé crédibilisation de ceux qui combattent le sectarisme
Il est un autre lieu commun de l’argumentation pro sectaire : la remise en cause systématique de la crédibilité des personnes ou des organismes qui témoignent des dérives sectaires. Dans le cas présent, on s’efforcera de décrédibiliser les parlementaires eux-mêmes – « une infinie minorité et toujours les mêmes » - et les personnes qui sont entendues par la commission d’enquête.
La validité des travaux est contestée car, selon les lobbyistes, ils sont le fait d’une minorité d’élus « militants » et ils reposent soit sur les témoignages de personnes étrangères aux organisations, donc qui parlent de choses qu’elles n’ont pu vérifier, soit sur les signalements d’apostats considérés dès lors comme des renégats partiaux et peu fiables.
d - La dénonciation du refus du débat contradictoire et l’appel à la caution universitaire de sociologues, juristes, philosophes et historiens des religions.

 

III –L’ENTRISME JUDICIAIRE

La commission d’enquête parlementaire a donné lieu à plusieurs procédures judiciaires pour diffamation et les mouvements sectaires ont été particulièrement procéduriers en 2007, avec une véritable volonté d’instrumentaliser la justice. Les actions tant en diffamation, devant les juridictions pénales, qu’en indemnisation devant les juridictions administratives, ont été mises en œuvre par les mouvements sectaires et leurs représentants dans ce seul but.
On peut d’ailleurs lire sur les sites de certains mouvements, des termes guerriers, et leur volonté clairement exprimée d’intensifier les actions judiciaires.
La forme prise de leurs actions judiciaires montre que ce qui est visé est la communication sur la victimisation des mouvements sectaires « empêchés en France  d’exercer librement leur culte ».

  1. Ils ne se sont pas contentés d’assigner la MIVILUDES devant les juges d’instruction parisiens : les parlementaires malgré leur immunité et les victimes qui ont témoigné de leur histoire ont également été leur cible. Ainsi faire taire les représentants du peuple et la victime, sont l’expression aboutie du totalitarisme propre aux mouvements sectaires.
  2. Le choix du juge d’instruction alors qu’ils auraient pu choisir la voix de la citation directe beaucoup plus rapide, montre que ce qui leur importait était de communiquer sur la mise en examen du Président ROULET dans un total irrespect du secret de l’instruction y compris de la part de l’avocat.

Le réel objectif de ces mouvements n’est pas de gagner mais de faire parler d’eux dans la presse (cf. article du Monde ou sur leurs sites Internet). Ils tiennent d’ailleurs sur leurs sites web des propos diffamatoires à l’encontre de la MIVILUDES ou de ses représentants car ils savent qu’aucune action ne sera dirigée contre eux de ce chef, la haute administration n’ayant d’une part pas de temps à perdre à cela, d’autre part pas d’argent à utiliser à cela et surtout, étant respectueuse du droit de parole démocratique.
Ces actions judiciaires visent, en réalité à museler toute critique à leur encontre y compris par la représentation nationale ou par leurs victimes. En intimidant les instances mises en place pour aider les victimes, c’est à la liberté d’expression qu’ils s’attaquent.

IV - L’ENTRISME A L’INTERNATIONAL

Le choix d’un exemple :
La conférence annuelle d’examen de la dimension humaine lors des conférences organisées par le Bureau des institutions démocratiques et des droits de l’homme de l’OSCE (BIDDH) à Varsovie. Il est fait le bilan de la mise en œuvre des engagements pris par les 56 pays  participants (Europe centrale et orientale, Etats-Unis et Canada) afin d’en  dégager des orientations au titre de la dimension humaine. Cette réunion d’experts – fonctionnaires internationaux et personnalités qualifiées de haut rang -  se déroule sur deux semaines. Elle est ouverte aux représentants de la société civile qui peuvent s’exprimer à égalité avec les délégués des Etats dans le cadre de plusieurs sessions thématiques  parmi lesquelles celles concernant les droits fondamentaux. Toute Organisation non gouvernementale est libre de s’exprimer autant de fois qu’elle le souhaite, à la seule condition de  s’inscrire au préalable et de respecter un temps de parole de cinq minutes maximum. En marge de la session plénière, libre aux Etats et aux ONG d’organiser dans l’enceinte de la conférence des réunions appelées « side events » pour attirer l’attention sur telle ou telle problématique spécifique.

Une plateforme institutionnelle de prestige, de surcroît à l’audience internationale et  où chacun peut s’exprimer librement : Les mouvements sectaires s’affichent  sans le moindre scrupule sur un pied d’égalité avec d’autres ONG  qui expriment légitimement leurs souffrances. Le seul but consiste à faire acter leurs interventions. Celles-ci, ainsi dotées d’une caution internationale, pourront ensuite être aisément instrumentalisées par leurs alliés mais aussi, avec un peu de chance ou un coup de pouce au bon endroit, être reprises par tel  ou tel autre rapport officiel.
Un message immuable : l’amalgame entre la « lutte contre les dérives sectaires » et les « atteintes à la liberté religieuse».
Avec plus ou moins de virulence selon les années, ces groupes invoquent le respect des libertés fondamentales et plus particulièrement de la liberté de religion pour tenter de délégitimer la vigilance des pouvoirs publics et des parlementaires face aux dérives sectaires tout en décrédibilisant  l’action des associations de défense de victimes et de familles de victimes.

Des cibles récurrentes : les acteurs, institutionnels ou non,  de la vigilance et de la lutte contre les dérives sectaires

– La politique française : mission interministérielle et initiatives parlementaires

 – les associations de défense de victimes et de familles de victimes de dérives sectaires

Actuellement, les principales associations françaises, l’UNADFI et le CCMM sont particulièrement dans le collimateur des mouvements sectaires sur les terrains médiatique et judiciaire  ou, indirectement, via les critiques à l’encontre de la FECRIS  qui les fédère au niveau européen.

CONCLUSION

Un seul intérêt : celui des victimes (les adeptes, ex-adepte et leur famille guide l’action de la MIVILUDES). Tout le monde peut un jour être séduit par une secte vous comme moi. Si les mouvements séduisent plutôt les personnes idéalistes inquiètes d’un monde qui va mal,  l’adepte se situe intellectuellement dans une zone normale même si les souffrances ou un épisode dépressif constituent un terreau propice.

 

Avec l’aimable autorisation du Cercle Laïque pour la Prévention du Sectarisme :
www.actu-sectarisme.com
Avec les remerciements de « SOFI »


(1) Union Nationale des Associations pour la Défense des Familles et de l’Individu victimes de sectes

(2) Centre Contre les Manipulations Mentales