Décembre 2008
LES STRATEGIES D’INFLUENCE ET DE PENETRATION ECONOMIQUES
ET INSTITUTIONNELLES
1999 : rapport parlementaire « les sectes
et l’argent » a mis l’accent sur
l’influence économique et la stratégie
des mouvements sectaires depuis le début des années
1990 et sur leur domaine de prédilection la formation,
l’informatique, le développement personnel, le domaine
pharmaceutique et Médical et la distribution (commerce
de produits agricoles bio par exemple).
L’enrichissement étant un des principal objectif des
sectes (avec le pouvoir) ils se sont efforcé d’infiltrer
les entreprises car ils peuvent en attendre trois avantages :
* attirer les fonds au premier rang des
quels la formation dont le financement est très important
et peu contrôlé
* retirer une certaine notoriété
*développer leur prosélytisme
Les domaines de la formation professionnelle et de l’informatique
son particulièrement à risques car ils permettent
une pénétration de l’entreprise ou des administration.
Les risques sont de plusieurs ordres :
* approcher un salarié ayant un poste stratégique,
le séduire, le faire adhérer au mouvement qui représentera
le mouvement sur son lieu de travail et facilitera à son
tour l’entrée d’autres sociétés
faux nez
* par le biais de services formation obtenir
des données confidentielles en approchant les salariés
qui n’adhéreront pas au mouvement mais qui sans intentions
malignes fourniront des informations essentielles
* par le biais de services type informatique
la pénétration du cœur des données d’une
entreprise ou d’une administration
Mais la capacité d’influence des mouvements sectaires
passe aussi par la mise en place de stratégies exploitant
tous les moyens à leur disposition, en plus du prosélytisme
traditionnel, pour diffuser et mettre en valeur leur message
tout en décrédibilisant ceux qui les combattent.
Médiatique, judiciaire, institutionnel : tout espace
sujet à visibilité et communication est instrumentalisé.
En septembre 2007 un représentant de la FECRIS (Fédération
européenne des centres de recherche et d’information
sur le sectarisme), présente pour la première fois à Varsovie.
Il dénonçait alors publiquement l’instrumentalisation
de cette réunion de Varsovie par des ONG sectaires dont
les victimes et leurs familles sont celles représentées
par des associations nationales regroupées au sein de
la FECRIS, parmi lesquelles, en France, l’UNADFI(1) et le CCMM(2).
Ce représentant déclarait
« J évoque ici
ces groupes dont le comportement constitue
un véritable défi aux droits
de l’homme dès lors qu’ils
se réfugient derrière un
droit – la liberté de religion – pour
mieux en bafouer d’autres.(…)
Ces groupes ont très vite compris
qu’ils devaient instrumentaliser
les institutions, se plaçant sans
la moindre honte sur le même niveau
que ceux qui légitimement viennent
demander votre soutien et dont nous reconnaissons
la souffrance (…)Nous vous demandons
de ne pas vous laisser abuser par le
double langage de ceux qui viennent ici
avec pour seul but de figurer dans les
actes de vos travaux (…) Ne nous
trompons pas, ne vous trompez pas de
victimes. (…) »
Tout est dit dans cette déclaration
du porte-parole de la FECRIS sur la stratégie
de ces groupes :
immuable depuis des années,
toujours portée par les mêmes « acteurs ».
Ces alliés de circonstance se
mobilisent autour d’une cause commune
incontestable, la liberté de religion,
pour mieux combattre ceux qui préviennent
et dénoncent leurs turpitudes.
Un des critères de dangerosité des
mouvements sectaires est l’infiltration
des milieux économiques et institutionnels.
Il convient de passer en revue ses
différentes formes.
I – L’ENTRISME ECONOMIQUE
Deux exemples dans le domaine économique axés
sur la communication visent à la fois à vous
montrer l’avancée insidieuse des mouvements qui
souhaitent pénétrer les lieux stratégiques
de décision ou de communication pour être notamment
au plus près du pouvoir et de l’information individuelle.
Mais ils éclairent également le rôle concret
de notre mission.
Le cas de la protection des données :
Les mouvements transnationaux ont un appétit pour les
données informatiques sur les personnes et les sociétés.
Or en France la CNIL protège
les individus de toute utilisation frauduleuse
de ces données informatiques
Loi juillet 2004 a créé des
correspondants CNIL dans les entreprises :
+ 50 salariés = au sein de l’entreprise,
- 50 en dehors de l’entreprise
en principe rattaché au niveau
des traitements
La MIVILUDES a pensé utile
de mettre en place un suivi de la mise
en œuvre d’un des aspect
de cette loi en ce qu’il mettait
en place une nouvelle fonction au sein
ou hors de l’entreprise et qu’ainsi
deux entrées étaient possibles :
par le biais des formations des correspondants
dans l’entreprise et par celui
de la fourniture « d’un
service » correspondant CNIL
pour les entreprises de – de 50
salariés.
Concrètement on s’est
demandé immédiatement à la
sortie de cette loi dont l’objectif
est de renforcer les libertés
individuelles quel risque cette future
fonction allait induire pour les
individus et la structure.
La question était : « qui
se place sur ce nouveau créneau « afin
de mieux détecter les risques
de dérive émergeant :
cabinet d’avocat, société informatique,
organisme de gestion de données…
L’examen des noms des membres
des organismes intéressés
s’est révélé une
vigilance utile en décembre 2005 ;
Nous sommes informés d’une
conférence à l’hôtel
WARWICK de PARIS sur le thème « faut-il
créer la fonction de correspondant
CNIL «
Qui organise ? Une société connue
de la MIVILUDES car la consultation
de site d’accès ouvert comme
Euridil et Info greffe établissent
que les dirigeants de cette société sont
comme très engagés dans
le développement d’activité de
prestation de services utilisables par
le privé et l’administration
et appartenant à un mouvement à forte
caractérisation sectaire.
Des représentants de haut niveau de la CNIL, d’un
grand groupe d’armement et d’assurance devaient intervenir.
Le colloque a bien eu lieu mais avec
la défection de la CNIL et du
groupe d’armement.
Décision du CSA en assemblée plénière
du 4 avril 2006
En début d’année 2006 la mission est informée
de ce qu’un clip vidéo d’human right « don’t
discriminate » est diffusé sur une
chaîne privée de NANTES ;
Une vérification nous
permet de constater l’envoi massif
et systématisé à de
nombreux médias d’un courrier
de » l’association
internationale des jeunes pour les droits
de l’homme » accompagné d’un
clip de 30 secondes en anglais et sous-titré en
15 langues dont le français.
Or cette association est proche d’un
mouvement sectaire transnational qui
profite des dates consacrées à une
cause humanitaire pour tenter de faire
diffuser gratuitement sa propagande sur
les ondes télévisuelles.
Le 22 février 2006 la MIVILUDES
informait le CSA de cette situation.
Le 4 avril 2006 l’assemblée
plénière du CSA décidait
d’informer l’ensemble des
services de télévision
sur ces liens.
En effet chaque chaîne de TV
est libre de diffuser ces clips mais
il faut que ce soit en connaissance de
cause ; il faut afficher la couleur
et non la dissimuler sous un timbre humanitaire
en direction de la jeunesse qui
revoit ensuite sur le mouvement. Le choix
des chaînes doit être éclairé.
C’est principalement les mouvements
transnationaux et leurs nombreuses filiales
qui ont investi le monde des affaires
et de la communication.
Plus récemment, courant 2007,
il convient de se rappeler la manipulation
par un mouvement sectaire transnational,
d’une chaîne de la TNT réservée
aux jeunes et des salles parisiennes
d’un groupe de cinémas au
moment de la journée de l’enfance.
II – L’ENTRISME DANS L’HUMANITAIRE
Les sectes s’invitent régulièrement au
chevet des victimes de catastrophes planétaires.
La solidarité est l’affaire
de tous et nul ne saurait bien évidemment
contester à des organisations
le droit d’aider leur prochain,
mais profiter du désarroi de populations
en état de faiblesse et de vulnérabilité pour
imposer une vision du monde constitue
une hypocrisie inacceptable et immorale.
Dans son rapport 2001, la Mission
interministérielle de lutte contre
les sectes (MILS), après les attentats
terroristes ayant frappé le World
Trade Center et l’explosion de
l’usine AZF de Toulouse, évoquait
déjà « les sectes
[qui] n’hésitent pas à profiter
des malheurs du monde pour tenter d’imposer
leurs solutions miracles et entraîner
des individus fragilisés dans
un mécanisme d’embrigadement ».
Le phénomène n’est
donc pas nouveau, mais à l’heure
où dans le monde entier se multiplient
les besoins consécutifs à des
catastrophes naturelles ou à des
conflits, une vigilance accrue s’impose.
En France, même si les cas
recensés ne sont pas légion,
la MIVILUDES, en charge d’une mission
de prévention et d’incitation à la
vigilance, estime indispensable de rappeler
l’existence d’un risque sectaire
potentiel dans ce domaine. En effet,
la présence dans les banlieues
françaises, après les désordres
de l’automne 2005, de certaines
organisations sectaires, revendiquant
haut et fort les mérites de leur
action humanitaire en faveur des populations
en difficulté.
Le désintéressement,
le respect de la dignité humaine
et des libertés individuelles,
valeurs fondatrices de la démarche
humanitaire, sont régulièrement
bafoués par quelques organisations
sans scrupules dont il n’est pas
inutile d’examiner les motivations.
Dans la réalité, il
s’agit d’une aide intéressée :
Recherche de respectabilité :
Militer pour la paix mondiale ou
en faveur des droits de l’homme,
lutter contre les méfaits de la
drogue, oeuvrer sur le terrain de l’action
humanitaire : voilà des engagements
suscitant le respect et conférant
une notoriété certaine à ceux
qui les pratiquent. Les sectes l’ont
bien compris et si elles investissent
aujourd’hui massivement ces domaines,
soit à visage découvert
soit par le biais de diverses officines,
c’est uniquement parce qu’elles
en attendent des retombées positives
en termes de recrutement ou d’image.
Recrutement de nouveaux adeptes
La phase de séduction passe
dans ce cas par l’aide matérielle
et psychologique. Les sinistrés
sont vulnérables, souvent en état
de détresse extrême et donc
réceptifs à toute attention
particulière à leur égard.
L’assistance médicale ou
psychologique devient un vecteur de prosélytisme.
Perspective d’un pactole financier
La recherche du profit restant le
moteur principal de ces organisations,
leur intervention « humanitaire »,
après leur avoir conféré un
vernis de respectabilité, va devoir être
rentabilisée. C’est pourquoi
elles tenteront souvent de monnayer leur
nouvelle image en appelant à la
générosité du public,
voire en sollicitant des subventions
publiques.
III – L’ENTRISME
MEDIATIQUE
Il prend plusieurs formes :
De l’utilisation du droit de
réponse dans la presse
La pratique sectaire repose sur une
adaptation permanente de la réalité aux
impératifs du gourou ou de l’organisation.
Le travestissement des faits constitue
donc la seconde nature des mouvements
sectaires. Leurs relations avec les médias,
dont la raison d’être (l’information
du public) et la déontologie (une
information objective et recoupée)
impliquent qu’ils soient toujours
en quête de la vérité,
ne peuvent revêtir qu’un
caractère difficile, voire conflictuel.
Les mouvements ont recours de plus
en plus systématique au droit
de réponse. « Le droit
de réponse du [nom du mouvement]
lui permet de trouver ici, bien malgré nous,
une tribune … », notait
le journaliste d’un grand hebdomadaire,
commentant ainsi le texte publié par
le mouvement qu’il avait critiqué dans
un dossier « spécial
sectes ». Certains mouvements
usent effectivement de ce droit comme
d’une véritable tribune
pour exposer largement leur philosophie
ou leur doctrine, leurs propos dépassant
alors le strict cadre juridique requis
de la réponse à l’article
ou au commentaire incriminés.
- Cela étant, nombreux
sont les responsables de services juridiques
qui, refusant de céder aux menaces,
récusent systématiquement
le droit de réponse demandé,
prenant délibérément
le risque d’aller devant les tribunaux.
Cette attitude est guidée d’une
part, par la conscience de défendre
le droit à l’information
dont il est bien évident que des
mouvements aux doctrines totalisantes
ne se soucient nullement, et d’autre
part, par une appréciation du
risque de procédure qui n’apparaît
pas toujours comme établi, dans
la mesure où nombreuses sont les
demandes qui ne respectent pas les conditions
juridiques requises pour être validées
par les tribunaux.
La manipulation médiatique
L’annonce spectaculaire de
la naissance d’un bébé cloné à la
veille de Noël 2002, la présence
insistante,et bien visible des adeptes
devant les caméras de CNN et des
télévisions du monde entier,
de quelques sur les sites ravagés
par le tsunami en 2005, constituent quelques
exemples, parmi d’autres et notamment
ceux rapportés dans les développements
ci-après, de l’aptitude
des mouvements sectaires et de leurs
amis à exploiter à leur
profit, voire à instrumentaliser
les médias pourtant généralement
peu complaisants à leur égard.
Quand les mouvements sectaires s’invite
au « Courrier des Lecteurs »
En
mai 2004, La Vie révélait
une pratique habituelle du mouvement
qui consiste à utiliser la rubrique
du « Courrier des Lecteurs » des
grands journaux, hebdos ou quotidiens,
pour diffuser insidieusement ses idées.
Le magazine avait alors reçu,
par erreur, un courriel interne adressé par
le responsable d’une filiale d’un
mouvement sectaire à certains
de ses membres. Celui-ci se plaignait
de la chute du nombre des publications
dans les médias et dressait un « hit
parade » des bons et des mauvais élèves
en fonction du nombre des lettres publiées,
se glorifiant au passage comme étant
l’élève le plus performant.
Il rappelait combien ces courriers étaient
importants.
Dans
le même temps, dans une publication
interne ce même responsable annonçait
qu’en 2003, sur 6.783 lettres adressées
aux médias, soixante-trois avaient été publiées « dans
des journaux de toutes couleurs politiques
allant de l’Humanité au
Figaro ». Plus loin, on pouvait
lire que leur nombre avait été « multiplié par
4,5 » par rapport à l’année
précédente et que « l’année
2004 (s’annonçait) encore
plus grandiose ».
La
MIVILUDES a vérifié qu’en
la situation était en accroissement
2006 dans la presse nationale.
Les sujets de prédilection
du mouvement, peuvent être regroupés
sous les thématiques suivantes
(par ordre décroissant selon leur
fréquence) :
. Condamnation des psychiatres et
des psychologues,
. Méfaits des psychotropes
et de la drogue,
. Réhabilitation des prisonniers,
condition pénitentiaire,
. Droits de l’homme (liberté de
religion, liberté de la presse,
droits du justiciable…),
. Sujets divers : laïcité,
accès aux documents administratifs,
critique des hommes politiques, etc.
Les
fléaux dénoncés
dans ces courriers sont nobles en soi
et nul ne saurait s’élever
contre l’honorabilité des
causes soutenues : la lutte contre
la drogue, la santé des enfants,
les conditions de vie en prison, etc.
Mais ils ne sont qu’un prétexte
pour mieux leur opposer à terme
les remèdes discutables et les
méthodes lucratives de la secte.
Quand
les mouvements s’invitent à la
rubrique des « Petites Annonces »
« Vous aimez aider les
autres. Rejoignez notre équipe,
formation assurée »,
tel est le texte de l’annonce,
suivi d’un seul prénom et
d’un numéro de téléphone,
publié le 12 janvier 2006 dans
le journal gratuit « Paru
Vendu ». Sur le site internet
du journal, le même texte est assorti
d’une promesse de CDI (contrat à durée
indéterminée). Altruisme
requis, formation à la clef et
emploi assuré : trois bonnes
raisons pour un demandeur d’emploi
de répondre à une telle
proposition, quand bien même l’identité de
l’annonceur n’est pas déclinée.
Il
fut cependant aisé d’établir
que le téléphone était
celui d’un mouvement sectaire transnational
qui proposait, en fait, aux personnes
intéressées, de distribuer, à titre
bénévole, des brochures
de l’organisation dans la capitale
et en banlieue.
L’association
trouvait ainsi le moyen d’attirer
dans ses locaux des personnes sans travail,
donc particulièrement vulnérables,
pour ensuite les convaincre de rejoindre
son personnel bénévole à qui
elle a coutume de confier des actions
de prosélytisme ou des tâches
administratives.
IV – L’ENTRISME AU PLAN
PARLEMENTAIRE
La mise en place et les travaux d’une
nouvelle Commission d’enquête
parlementaire en juin 2006 ont provoqué,
comme c’était prévisible,
la mobilisation du lobby pro sectaire.
Les mouvements sectaires remettent
en cause systématiquement la légitimité des
initiatives - quelle que soit leur origine,
gouvernementale, parlementaire ou associative
- destinées à dénoncer
leurs excès ou à lutter
contre leurs dérives. À cet
effet, leur stratégie ne fait
pas preuve d’une grande originalité.
Qu’il s’agisse de la nature
de leurs critiques et la méthodologie
employée (1°), ou du profil
des lobbyistes « donneurs
d’ordre » (2°),
les caractéristiques restent,
peu ou prou, toujours les mêmes
au fil du temps.
a - L’atteinte à la
liberté religieuse
Dès lors qu’ils flairent
le risque d’être mis en cause
et lorsqu’ils sont effectivement
attaqués, les mouvements à caractère
sectaire aiment à porter le débat
sur le terrain des atteintes à la
liberté de conscience pour mieux
se présenter comme des nouveaux
mouvements religieux, ou comme des minorités,
spirituelles, de croyance ou de conviction,
victimes d’une discrimination.
Ils procèdent alors aux pires
amalgames :
b - Le déni de tout sectarisme
Selon le lobby pro sectaire, tous
les travaux menés sur le sectarisme,
reposeraient sur des rumeurs et des approximations.
Certains s’indignent du « gaspillage
de l’argent du contribuable » et
demande que cessent ces « commissions
d’enquête bidon qui ne s’appuient
sur aucun fait, seulement sur des rumeurs ».
D’autres parlent de « phobie
collective » ou dénoncent
une politique qui fait croire « dans
l’opinion publique à l’existence
d’un fléau social qu’il
conviendrait de traiter en priorité «.
D’autres enfin contestent les chiffres
concernant les mineurs en danger avancés
par les parlementaires, les associations
et la MIVILUDES, et pour minimiser le
phénomène en expliquant
que les vrais problèmes sont ailleurs,
espérant au passage détourner
l’attention .
c - La dé crédibilisation
de ceux qui combattent le sectarisme
Il est un autre lieu commun de l’argumentation
pro sectaire : la remise en cause
systématique de la crédibilité des
personnes ou des organismes qui témoignent
des dérives sectaires. Dans le
cas présent, on s’efforcera
de décrédibiliser les parlementaires
eux-mêmes – « une
infinie minorité et toujours les
mêmes » - et les personnes
qui sont entendues par la commission
d’enquête.
La validité des travaux est
contestée car, selon les lobbyistes,
ils sont le fait d’une minorité d’élus « militants » et
ils reposent soit sur les témoignages
de personnes étrangères
aux organisations, donc qui parlent de
choses qu’elles n’ont pu
vérifier, soit sur les signalements
d’apostats considérés
dès lors comme des renégats
partiaux et peu fiables.
d - La dénonciation du refus
du débat contradictoire et l’appel à la
caution universitaire de sociologues,
juristes, philosophes et historiens des
religions.
III –L’ENTRISME JUDICIAIRE
La commission d’enquête
parlementaire a donné lieu à plusieurs
procédures judiciaires pour diffamation
et les mouvements sectaires ont été particulièrement
procéduriers en 2007, avec une
véritable volonté d’instrumentaliser
la justice. Les actions tant en diffamation,
devant les juridictions pénales,
qu’en indemnisation devant les
juridictions administratives, ont été mises
en œuvre par les mouvements sectaires
et leurs représentants dans ce
seul but.
On peut d’ailleurs lire sur
les sites de certains mouvements, des
termes guerriers, et leur volonté clairement
exprimée d’intensifier les
actions judiciaires.
La forme prise de leurs actions judiciaires
montre que ce qui est visé est
la communication sur la victimisation
des mouvements sectaires « empêchés
en France d’exercer librement
leur culte ».
-
Ils ne se sont
pas contentés
d’assigner la MIVILUDES devant
les juges d’instruction parisiens :
les parlementaires malgré leur
immunité et les victimes qui
ont témoigné de leur
histoire ont également été leur
cible. Ainsi faire taire les représentants
du peuple et la victime, sont l’expression
aboutie du totalitarisme propre aux
mouvements sectaires.
-
Le choix du juge
d’instruction
alors qu’ils auraient pu choisir
la voix de la citation directe beaucoup
plus rapide, montre que ce qui leur
importait était de communiquer
sur la mise en examen du Président
ROULET dans un total irrespect du secret
de l’instruction y compris de
la part de l’avocat.
Le réel objectif de ces mouvements
n’est pas de gagner mais de faire
parler d’eux dans la presse (cf.
article du Monde ou sur leurs sites Internet).
Ils tiennent d’ailleurs sur leurs
sites web des propos diffamatoires à l’encontre
de la MIVILUDES ou de ses représentants
car ils savent qu’aucune action
ne sera dirigée contre eux de
ce chef, la haute administration n’ayant
d’une part pas de temps à perdre à cela,
d’autre part pas d’argent à utiliser à cela
et surtout, étant respectueuse
du droit de parole démocratique.
Ces actions judiciaires visent, en
réalité à museler
toute critique à leur encontre
y compris par la représentation
nationale ou par leurs victimes. En intimidant
les instances mises en place pour aider
les victimes, c’est à la
liberté d’expression qu’ils
s’attaquent.
IV - L’ENTRISME A L’INTERNATIONAL
Le choix d’un exemple :
La conférence annuelle d’examen
de la dimension humaine lors des
conférences organisées
par le Bureau des institutions démocratiques
et des droits de l’homme de l’OSCE
(BIDDH) à Varsovie. Il est fait
le bilan de la mise en œuvre des
engagements pris par les 56 pays participants
(Europe centrale et orientale, Etats-Unis
et Canada) afin d’en dégager
des orientations au titre de la dimension
humaine. Cette réunion d’experts – fonctionnaires
internationaux et personnalités
qualifiées de haut rang - se
déroule sur deux semaines. Elle
est ouverte aux représentants
de la société civile qui
peuvent s’exprimer à égalité avec
les délégués des
Etats dans le cadre de plusieurs sessions
thématiques parmi lesquelles
celles concernant les droits fondamentaux.
Toute Organisation non gouvernementale
est libre de s’exprimer autant
de fois qu’elle le souhaite, à la
seule condition de s’inscrire
au préalable et de respecter un
temps de parole de cinq minutes maximum.
En marge de la session plénière,
libre aux Etats et aux ONG d’organiser
dans l’enceinte de la conférence
des réunions appelées « side
events » pour attirer l’attention
sur telle ou telle problématique
spécifique.
Une plateforme institutionnelle de
prestige, de surcroît à l’audience
internationale et où chacun
peut s’exprimer librement :
Les mouvements sectaires s’affichent sans
le moindre scrupule sur un pied d’égalité avec
d’autres ONG qui expriment
légitimement leurs souffrances.
Le seul but consiste à faire acter
leurs interventions. Celles-ci, ainsi
dotées d’une caution internationale,
pourront ensuite être aisément
instrumentalisées par leurs alliés
mais aussi, avec un peu de chance ou
un coup de pouce au bon endroit, être
reprises par tel ou tel autre rapport
officiel.
Un message immuable : l’amalgame
entre la « lutte contre les
dérives sectaires » et
les « atteintes à la liberté religieuse».
Avec plus ou moins de virulence selon
les années, ces groupes invoquent
le respect des libertés fondamentales
et plus particulièrement de la
liberté de religion pour tenter
de délégitimer la vigilance
des pouvoirs publics et des parlementaires
face aux dérives sectaires tout
en décrédibilisant l’action
des associations de défense de
victimes et de familles de victimes.
Des cibles récurrentes :
les acteurs, institutionnels ou non, de
la vigilance et de la lutte contre les
dérives sectaires
– La politique française :
mission interministérielle et
initiatives parlementaires
– les associations de
défense de victimes et de familles
de victimes de dérives sectaires
Actuellement, les principales associations
françaises, l’UNADFI et
le CCMM sont particulièrement
dans le collimateur des mouvements sectaires
sur les terrains médiatique et
judiciaire ou, indirectement, via
les critiques à l’encontre
de la FECRIS qui les fédère
au niveau européen.
CONCLUSION
Un seul intérêt :
celui des victimes (les adeptes, ex-adepte
et leur famille guide l’action
de la MIVILUDES). Tout le monde peut
un jour être séduit par
une secte vous comme moi. Si les mouvements
séduisent plutôt les personnes
idéalistes inquiètes d’un
monde qui va mal, l’adepte
se situe intellectuellement dans une
zone normale même si les souffrances
ou un épisode dépressif
constituent un terreau propice.
Avec l’aimable autorisation
du Cercle Laïque pour la Prévention
du Sectarisme :
www.actu-sectarisme.com
Avec les remerciements de « SOFI »
(1) Union
Nationale des Associations pour la
Défense des Familles et de l’Individu
victimes de sectes
(2)
Centre Contre les Manipulations Mentales