Juin 2009

COMMENTAIRES DU SITE ADMINET / LE WEB ADMINISTRATIF
Rapport
2008 de la Miviludes
Si l'on en croit les nombreuses commandes
et le nombre croissant de visiteurs
en ligne sur le site Internet de la Mission, c'est toujours avec beaucoup d'intérêt
qu'est accueilli chaque année le rapport du Président
de la Miviludes au Premier ministre.
Depuis six ans, ce rapport annuel n'a
cessé de s'étoffer
et d'élargir
ses ambitions, vers une information
toujours plus complète
et approfondie sur le phénomène sectaire, en
direction d'un public toujours plus
diversifié. Il est
manifeste en effet, à la lecture des courriers reçus,
qu'un public extrêmement large et divers prend connaissance,
d'une manière ou d'une autre, de ce rapport annuel,
et se l'approprie.
Cette constante exigence de qualité est toujours un
défi pour chacun de ceux, permanents de la Mission interministérielle
ou services des ministères concernés, qui contribuent à son élaboration.
Ce fut le cas tout particulièrement en 2008, année
de transition pour la Mission interministérielle de
vigilance et de lutte contre les dérives sectaires.
Transition en raison du départ de Jean-Michel Roulet
et de la nomination de Georges Fenech comme Président
de la Miviludes, transition en raison d'un renouvellement d'une
proportion importante du Secrétariat général
permanent, mais transition également en raison des modifications
importantes du dispositif de terrain, qui a conduit la Miviludes à faire évoluer
les modalités de sa collaboration avec les pouvoirs
publics, dont elle est chargée de « favoriser
la coordination de l'action préventive et répressive » (article
1er du décret du 28 novembre 2002 instituant la Miviludes) à l'encontre
des agissements dangereux ou répréhensibles constitutifs
de dérives sectaires.
La suppression des « cellules de vigilance » départementales
dont les compétences ont été transférées
aux « conseils départementaux de prévention
de la délinquance, de l'aide aux victimes et de lutte
contre la drogue, les dérives sectaires et les violences
faites aux femmes » consécutivement à la
simplification des procédures administratives instaurée
en 2007 devait, aux termes de la circulaire du 27 mai 2005
du Premier ministre relative à la lutte contre les dérives
sectaires, être complétée par la constitution,
au sein de ces conseils départementaux, de groupes de
travail chargés de suivre spécifiquement les
questions relatives à la lutte contre les dérives
sectaires.
Dans sa circulaire du 25 février 2008, le ministre de
l'Intérieur a demandé avec force aux préfets
de « relancer l'action de l'État en matière
de lutte contre les dérives sectaires » et de
réunir à cette fi n une fois par trimestre ces
groupes de travail, « lieu de centralisation et de recoupement
des informations concernant d'éventuelles dérives
sectaires.
C'est notamment à l'occasion de la préparation
et de la tenue de ces réunions que les services déconcentrés
ont pris conscience de la nécessité de renforcer
leur information, voire leur formation en la matière,
et ont sollicité la Miviludes à cet effet conformément à sa
mission.
De même, la profonde réforme des services de renseignement
et d'enquête, qui sont les interlocuteurs naturels de
la Mission, n'a pas été sans incidence sur le
fonctionnement de cette dernière.
Le présent rapport est donc, à l'image de l'année
2008, un rapport de transition, tout particulièrement
ouvert sur l'avenir, sur les perspectives offertes par le renouvellement
des personnes et des pratiques dans la lutte contre les dérives
sectaires, au sein de la Mission et sur l'ensemble du territoire.
Ce qui ne l'empêche pas de s'inscrire dans la continuité du
rapport 2007 à bien des égards.
Ainsi, le rapport s'ouvre sur une évocation des nouveaux
risques de dérive particulièrement préoccupants
dans le secteur de l'emploi et de la formation professionnelle,
suivie d'un approfondissement de l'étude des risques
liés au satanisme, déjà évoqués
dans les rapports précédents. Un exposé relatif à la
démultiplication des risques par le biais d'Internet
est suivi d'une nouvelle étude sur les stratégies
de lobbying des mouvements présentant des risques de
dérives sectaires à l'international, dans le
prolongement de celle proposée en 2007, en évoquant
cette fois plus précisément l'exemple de l'ONU.
De même, après un exposé des nouvelles
méthodes de lutte contre les dérives sectaires,
est proposée une étude du dispositif d'assistance
aux victimes en Europe, qui vient compléter l'étude
du dispositif juridique et administratif de lutte contre les
dérives sectaires en Europe présenté en
2007. Le rapport annuel présente cette année
un dossier central axé sur le risque santé, et
plus particulièrement sur le dévoiement des pratiques
thérapeutiques. Bien que déjà présente
dans les précédents rapports, cette préoccupation
a pris en effet en 2008 une place véritablement prépondérante,
liée à la multiplication d'offres relatives au
bien-être et à l'épanouissement personnel
dépourvues de toute évaluation sérieuse,
et dont certaines présentent un risque réel pour
la santé. Cette étude se prolonge par un exposé de
la Direction générale de la santé du ministère
de la Santé, sur l'important chantier relatif à l'encadrement
des pratiques non conventionnelles à visée thérapeutique.
Ce travail ne concerne que partiellement le champ des dérives
sectaires, mais il apporte au lecteur un éclairage
précieux sur la zone frontière, toujours délicate à délimiter,
entre un « charlatanisme » simple, plus ou moins
inoffensif quoique parfois dangereux, et la dérive sectaire,
qui peut être supportée ou favorisée par
de telles pratiques. C'est ainsi que ce thème, qui concerne
en premier lieu les services du ministère de la Santé,
rejoint le domaine de compétence de la Miviludes lorsque
sont constatées des dérives laissant craindre,
ou favorisant, une emprise mentale. Elle a été saisie
en 2008 à ce titre de très nombreuses questions émanant
de particuliers ou d'agents publics confrontés à des
offres susceptibles de présenter un risque.
Enfin, le bilan de chacun des ministères membre du comité exécutif
de pilotage opérationnel en matière de lutte
contre les dérives sectaires s'accompagne cette année
d'un important volet « perspectives » qui ouvre
des chantiers pour l'année 2009 et les années
suivantes. De même, le bilan de l'action de la Mission
en 2008 est-il largement ouvert sur les années à venir.
Ainsi, en matière d'interventions sur le territoire
notamment, l'année 2008 a vu l'expression de très
nombreux besoins nouveaux, qui n'ont pu être immédiatement
satisfaits, mais le seront en 2009, conformément aux
missions de la Miviludes qui se veut toujours plus au service
des agents publics sur le terrain.